M.Bourdaraud (nouveau président AFF): « S’offrir le futsal dont on rêve »

Le futsal français. Quel objet d’étude intéressant! Ou plutôt « les futsals » français. UFOLEP, Fédération du Sport Universitaire (FSU), Fédération Française de Football (FFF), UNCFS, Fédération Handisport, Association Française de Futsal (AFF). Ce que l’on nomme « futsal » révèle plusieurs réalités aujourd’hui. Introduit en France par Amador Lopez à la fin des années 70 dans le quartier de Cannes Le Bocca, la première version de ce futsal créé par l’argentin Ceriani a toujours ses adeptes et sa fédération en France: l’Association Française de Futsal (AFF). Afin d’en savoir plus sur cette fédération de futsal AFF, MadeinFutsal a décidé d’interroger directement son nouveau président, Mikael BOURDARAUD, élu il y a tout juste un an. Une interview détaillée sans langue de bois du président de la « fédération 100% futsal ».

« Une fédération 100% futsal »

MadeinFutsal: Pourriez-vous présenter succinctement l’Association Française de Futsal (AFF) à ceux qui ne la connaisse pas ?

AFF: L’Association Française de Futsal est une fédération sportive de loi 1901, qui a été créée en 2014, afin de prendre la suite de l’UNCFs (Union Nationale des clubs de Futsal) pour le développement du futsal originel « dit futsal AMF » et d’y représenter la France lors des compétitions officielles.

L’AFF compte actuellement une trentaine de clubs et plusieurs centaines de joueurs et joueuses. Elle propose des compétitions loisirs ou officielles pour toutes les catégories (jeunes, féminines et masculines) et dispose de ses propres sélections nationales, dans toutes les catégories également, afin de représenter la France lors des compétitions internationales organisées sous l’égide de l’AMF (Association Mondiale de Futsal) et de la FEF (Fédération Européenne de Futsal).

L’AFF n’est malheureusement pas présente sur l’ensemble du territoire à l’heure actuelle, mais seulement dans quelques régions (Centre, PACA, Rhône-Alpes, Ile-de-France, Occitanie, Pays-de-Loire et Grand-Est). Pour autant nous espérons pouvoir étendre notre présence rapidement.

En résumé, l’AFF est une fédération 100% futsal, indépendante, qui se consacre uniquement au développement du futsal en France, mais aussi au niveau international.« 

« Une fédération à gestion collective »

Dans quel contexte s’est passé votre élection en 2020 ? Comment s’opère l’élection d’un président à l’AFF (scrutin, quorum…) ?

Avec la pandémie actuelle et les soucis sanitaires et financiers, nous avons organiser une assemblée générale en distanciel cet été afin d’élire un nouveau président. D’un point de vue factuel, chaque club dispose d’une voix et doit voter pour une liste de 9 personnes qui composeront le nouveau CA (comité d’Administration). C’est ce comité, une fois élu, qui devra désigner en son sein, le président, le trésorier et le secrétaire, qui formeront le bureau du CA). Il faut préciser que tous les membres du CA disposent des mêmes droits et pouvoirs au sein de l’AFF, qui se veut une fédération à gestion collective.

Mon élection s’est faite naturellement, étant le plus ancien en termes de vécu futsalistique avec des débuts dès 2003 dans le monde du futsal. Mon expérience auprès des différentes instances internationales et mes nombreuses années de secrétaire national ont sans aucun doute pesé dans la balance au moment du choix. Peut-être un côté rassurant pour notre jeune équipe dirigeante, notre jeune fédération. Mais je ne conçois le travail qu’en équipe, comme sur le terrain, et l’étiquette de président m’importe surtout pour porter la voix des licenciés et des clubs de l’AFF. Pour moi cela représente plus un devoir de partager et transmettre une fibre historique d’un sport indépendant et qui mérite une vraie reconnaissance.

« S’implanter de façon plus importante dans le paysage sportif français et international »

Que comptez-vous apporter avec votre mandat de président ?

Comme tout nouveau mandat, c’est un changement. Là c’est un renouvellement de l’équipe de direction en place, avec des personnes jeunes et motivées qui lancent un nouveau cycle. Avant toute chose, je tiens à saluer l’ancien président, M. Tristan Ortiz, qui a tenu bon la barre pendant de nombreuses années avec sérieux et générosité. C’est un ami, un passionné et un profond défenseur du futsal AMF.

Un nouveau cycle veut dire des nouveaux projets, de nouvelles possibilités… Il faut aller de l’avant, sans bien sûr oublié le passé, mais laisser la place à l’ouverture, à la discussion. J’espère participer au développement de notre jeune fédération et lui permettre de s’implanter de façon plus importante dans le paysage sportif français et international. Il me semble légitime que le travail effectué depuis de nombreuses années portent ses fruits et soit reconnu à sa juste valeur.

L’autre tâche importante à accomplir sera de consolider les bases mises en place au niveau sportif, mais également au niveau extra sportif. Et je fais confiance à ma nouvelle équipe pour relever le défi et même le dépasser.

« La passion d’un sport, ce n’est pas que la pratique (…) mais aussi son histoire, sa philosophie« 

FIFUSA, AMF, UNCF, AFF… Pourriez-vous nous aider à y voir plus clair, notamment en termes historique?

Je ne suis pas historien du futsal et certaines personnes maitrisent sans aucun doute bien mieux le sujet que moi. Il est possible de lire l’historique présent sur notre site internet par exemple (rires). Mais pour faire bref, la FIFUSA (Federação Internacional de Futebol de Salão), fédération mondiale de futsal qui a été créée en 1971, a géré le futsal au niveau international jusqu’en au début des années 2000, année à partir de laquelle l’AMF a pris la suite, après que la FIFA ait tenté de prendre le pouvoir sur les dirigeants de la FIFUSA.

En France, le futsal a été développé à la fin des années 70 et début des années 80 tout d’abord par l’Association Française de Futsal (AFFS) à l’époque Amador Lopez, puis de l’UFOLEP dans les années 1990 principalement, puis l’UNCFs, et enfin à nouveau l’Association Française de Futsal (AFF). Je ne parle là que de l’historique du futsal et non de ce que l’on devrait appeler « football en salle FIFA » développé par la FFF, sur notre territoire. L’AFF est sous l’égide de la FEF au niveau européen, et de l’AMF au niveau mondial. Pour les plus curieux, il est très intéressant de se pencher sur l’histoire de notre pratique afin de mieux comprendre son développement, son actualité, et son avenir. Pour moi, la passion d’un sport ce n’est pas que la pratique, mais aussi son histoire, sa philosophie afin de mieux appréhender l’ensemble des paramètres du jeu, de la stratégie, de l’arbitrage, de l’évolution en général.

« Le sport business contre le sport amateur »

En quoi le futsal AMF représenté en France par l’AFF est-il différent que le futsal FIFA, représenté en France par la Fédération Française de Football ?

D’un côté on parle d’un sport, d’un sport historique, pratiqué depuis des décennies à travers le monde et de l’autre une diversification du football, une discipline avec des enjeux économiques importants qui doit supporter l’ombre du football.

Lorsque l’on s’immerge dans le futsal AMF, on découvre une communauté, un état d’esprit propre à un sport de salle, voulu comme tel. Je ne parle pas des lois du jeu qui sont différentes, mais surtout d’une philosophie globale sur le sport en tant que pratique, qui se veut indépendant, notamment du foot. Plus que des règles différentes (touches et corners à la main, jet-franc à 9 mètres, rôle du gardien, règle des 15 secondes, taille et poids du ballon, tenues des arbitres…), qui ont été pensées à la base pour un sport à part entière, c’est une vision différente dans son ensemble, de développement, de pratique et d’intérêt. C’est le sport business contre le sport amateur en quelque sorte.

« Le futsal n’est pas, et ne sera jamais, de prêt comme de loin, du football »

C’est une question qui revient assez régulièrement et que nous aimerions vous poser: pour vous, le futsal est-il du football ?

Non. Certes le futsal se pratique avec les pieds et il faut marquer des buts. Mais la ressemblance s’arrête là. Pour ceux et celles qui pratiquent les deux disciplines ou ont pratiqué l’un puis l’autre, il apparait évident que ce sont de sports différents. On ne travaille pas les mêmes qualités de jeu, les mêmes réflexes, les mêmes stratégies, les mêmes qualités physiques, les mêmes équipements, les mêmes ballons, les mêmes règles… Il y au moins aussi peu de ressemblance entre le tennis de table et le tennis qu’entre le football et le futsal AMF. Le futsal n’est pas et ne sera jamais, de prêt comme de loin, du football. Il suffit de voir que si l’on veut être au top de la pratique, il faut se consacrer à l’un ou à l’autre. Je ne dis pas qu’un bon footballeur ne fera pas un bon saloniste ou inversement, juste que pour l’élite, qui est la vitrine de chaque sport, il y a un gouffre entre les deux pratiques.

Et je ne reviens pas sur l’aspect philosophique du futsal, de la genèse de ce sport qui est bien particulière et bien plus proche de l’état d’esprit des sports de salle que du football.

« C’est à chacun d’entre nous de s’offrir le futsal dont on rêve »

Votre fédération s’est faite remarquée l’an passé par une série de slogans qui ne sont pas passés inaperçus. L’un d’entre eux demandait aux internautes « le futsal doit-il être ouvert à tous, quelles que soient ses convictions, visibles ou non« , tout en apportant la réponse « donnez à votre club de futsal (et les compétitions féminines) qu’il mérite« . Qu’entendiez-vous par là ?

En AFF, on vous prend comme vous êtes. Chacun, chacune doit pouvoir pratiquer son sport, sa passion pour le futsal. C’est à chacun d’entre nous de s’offrir le futsal dont on rêve, le futsal que l’on souhaite pratiquer, que l’on souhaite regarder. L’AFF offre cette possibilité, de façonner, de structurer le futsal de demain, avec des acteurs venus d’horizons différents mais pratiquant la même passion. Le sport est par essence ouvert à toutes et à tous. Il faut conserver cette âme essentielle. Le futsal ne doit pas être résumé qu’au sport de quartier, au sens péjoratif du terme, comme il est bien souvent décrit. Au contraire, c’est un sport de quartier au sens noble, formateur, codifié pour respecter et partager des valeurs, sport de quartier sud-américain, sport de la jeunesse, sport du talent individuel mis au profit du collectif, de la technique mais aussi de la discipline.

Cela peut paraitre utopique, mais c’est la base. C’est un respect mutuel, le respect de la fédération envers ses joueurs et clubs mais également l’inverse. Il ne peut y avoir d’acceptation sans ce respect qui fonde les bases d’un développement en bonne intelligence.

Par ces petits slogans nous avons voulu créer une réflexion commune sur l’état général de notre futsal, de toutes ces critiques, ces plaintes perpétuelles, légitimes sur le fond, mais qui ne restent que critiques et plaintes. Secouer un peu le cocotier pour prendre conscience que l’on a le futsal que l’on mérite et qu’il tient qu’à nous de l’accepter ou de choisir de faire évoluer celui-ci en prenant part activement au développement de notre discipline, avec ceux qui donnent les outils et les moyens d’y arriver…

« Le futsal n’a pas besoin du football pour exister »

Idem lorsque l’une des affiches pose la question « à quoi sert le football pour le futsal? » ou encore « vos bénévoles doivent-ils construire le futsal de ceux qui n’auront rien investi… »? . Quel message souhaite véhiculer l’AFF ? Pourriez-vous développer votre pensée ?

L’idée était de prendre le contrepied de la pensée collective, imposée par le dictat du football. Le futsal est vu du côté du footballeur en se disant, qu’est-ce que le futsal peut m’apporter ? En quoi la pratique du futsal va améliorer mon jeu, mon niveau, ma technique… ?) Combien de nouveaux licenciés puis-je espérer grâce au futsal ? Mais jamais l’inverse. Est-ce que Falcao ou Ricardinho pour les plus jeunes se posaient ou se pose la question à quoi me sert le football ? Non. Dans l’absolu, le futsal n’a pas besoin du football pour exister, pour se développer, pour écrire son histoire. Le futsal FIFUSA/AMF est là pour le prouver…

L’ensemble des acteurs du futsal AFF sont bénévoles. Ils connaissent leur statut et sont souvent fiers de l’être. Mais ils savent aussi que tout ce qu’ils investissent, temps, forces, finances, c’est pour le futsal, uniquement le futsal. Quoi de plus injuste que de voir ce travail quotidien, ce travail de fond anéanti d’un claquement de doigt par des personnes qui ne se sont pas investies personnellement. Juste cueilli le fruit presque mûr à bon escient. Est-ce aux clubs aux moyens exsangues, aux licenciés, de proposer des projets, de créer des supports médiatiques, ou aux instances disposant de budgets conséquents ? C’est une simple réflexion, comme pour les autres slogans. Tenter d’ouvrir le débat et d’imaginer que d’autres voies sont possibles et existent.

« Facile de se diriger vers la FFF, qui souhaite avant tout que le futsal soit pratiqué par des clubs de football »

Comment expliquez-vous qu’aujourd’hui l’écrasante majorité des clubs souhaitant faire du futsal se dirige vers la FFF, et non pas vers l’AFF ?

Il y a plein de raisons pour expliquer cela. Déjà par méconnaissance de l’existence de l’AFF. Difficile de rejoindre l’AFF si on ne la connait pas. Nous ne disposons pas de l’omnipotence de la FFF dans l’actualité, les médias, le monde du sport. Mais nous y travaillons.

Le manque de reconnaissance étatique actuelle n’aide pas non plus à notre développement et notre notoriété. Cela serait un plus, pour rassurer les clubs notamment.

Ensuite il y a la facilité à se diriger vers la FFF, omniprésente, qui souhaite avant tout que le futsal soit pratiqué par des clubs de football. Quoi de plus simple que de suivre la voie tout indiquée, classique. Intégrer l’AFF demande un peu plus d’effort, un peu plus de risques, oser aller vers une part d’inconnu, sortir des sentiers battus. Les moyens que peut se permettre la fédération de football pour attirer de nouveaux clubs ne sont pas comparables aux nôtres. La pression qui peut s’exercer parfois sur les associations sportives n’est pas à négliger non plus…

« Il est évident que nous ne partageons pas la même vision (…) l’idée est que les clubs de football disposent d’une section futsal »

Comment jugez-vous le développement structurel et médiatique du futsal prôné par la FFF ?

Je n’ai pas la prétention de juger ce que propose la FFF en matière de futsal, d’indoor Soccer, de football en salle ou quel que soit le nom qu’elle souhaite donner à la discipline dont elle a la délégation. Je ne peux que constater les faits. Il est évident que nous ne partageons pas du tout la même vision. Mais il faut dire que nous n’avons pas les mêmes enjeux, le même historique, les mêmes contraintes ni les mêmes envies.

Au regard de la puissance de la FFF, si les moyens avaient vraiment été mis dans cette discipline (à l’instar de l’AFF qui investit 100% dans le futsal), la France serait dans le top 5 mondial depuis 10 ans avec un championnat national professionnel, des championnats féminins et jeunes dignes de ce nom. Sans parler d’une diffusion télévisuelle régulière et non d’accessits sporadiques sur la chaine l’Equipe ou de déprogrammation… Après je respecte le travail accompli par la FFF, même si parfois c’est en plagiant ou récupérant le travail d’autresLe futsal FFF, considéré comme une diversification du football, reste et restera un « petit frère » du football à mon avis. Même si l’image globale du futsal a changé (anciennement lié à une pratique hivernale avec une grosse balle de tennis jaune incontrôlable), reste que l’idée qui semble émerger des dernières décisions fédérales, c’est que les clubs de football disposent d’une section futsal, notamment pour l’élite.

« Un futsal a 2 vitesses (…) c’est marche ou crève (…) les clubs face à des personnes issus du football »

Il existe un futsal à 2 vitesses au sein du développement prôné par la FFF, et l’écart se creuse. L’arrivée de star comme Ricardinho et la très grande propension de joueurs étrangers dans les 5 de départ des meilleurs clubs tendent à le prouver. Exister de suite, marche ou crève, quitte à disparaitre du jour au lendemain. Surtout que face à eux, les clubs FFF se retrouvent confrontés à des instances, des commissions composées en grande majorités de personnes issues du football, formées (ou déformées selon le point de vue) par et pour le football. Comment imaginer l’avenir de cette façon ? Comment prendre en main son avenir si ce n’est qu’espérer que les autres pensent comme soit… Le football est fou et tend à gangréner le futsal avec la course à l’armement, à l’explosion des budgets, etc.

Médiatiquement, le futsal n’existe pas en France, alors difficile de parler de développement médiatique. J’ai personnellement participé aux prémices de la médiatisation du futsal en France avec notamment un magazine digital (Futsal Spirit), des articles en ligne (Futsal Planet)… C’était il y a plus de dix ans. Depuis ? Des matches de temps en temps à la TV ? Des pages facebook ? Des initiatives personnelles et louables pour des mag vidéo et autres sites web comme le vôtre. Mais sur plus de 10 ans d’évolution, ça ne représente rien, ça ne touche que les passionnés.

La FFF fait des choix, les clubs font et feront leur choix en toute connaissance de cause.

Quelles sont les compétitions proposées par l’AFF ?

L’AFF propose toutes les compétitions possibles, à sa mesure bien entendu. Nous organisons des compétitions pour toutes les catégories, des jeunes C7 aux seniors en passant par les féminines.

L’AFF dispose d’une ligue nationale homme et femme, de championnats régionaux ou départementaux, de finales nationales pour toutes les catégories, de coupes locales ou nationales, de tournois open ouverts à tous, de compétitions loisirs. Sans oublier les rencontres internationales officielles ou amicales pour toutes nos sélections, régionales, jeunes, féminines ou masculines.

Depuis le début, l’AFF s’acharne à proposer le maximum de compétitions possibles à ses licenciés, tout en s’adaptant aux différentes contraintes géographiques, financières ou structurelles.

« Chacun est libre de pratiquer le sport qu’il souhaite, de la façon qu’il souhaite »

Une association affiliée en FFF, en UNSS ou en UFOLEP pourrait-elle rejoindre l’AFF ?

J’inverserais la question. Pourquoi ne pourraient-elles pas ? Nous vivons dans le pays de la liberté d’association non ? Certains semblent l’avoir oublié, mais chacun est libre de pratiquer le sport qu’il souhaite, de la façon qui le souhaite.

Nous sommes, et avons toujours été ouverts aux clubs et licenciés d’autres fédérations ou structures, sans ostracisme aucun. Pourquoi décourager des clubs ou licenciés qui souhaitent pratiquer le futsal AMF? Au contraire. Si un de nos licenciés souhaitent pratiquer le basket et le futsal quel est le problème? Il en va de même pour le football en salle FFF et le futsal AFF. D’ailleurs, cela nous est souvent arrivé de nous adapter pour permettre la multi activité de nos licenciés.

« Nous devons être plus présents sur le territoire national »

Quelles sont les perspectives de développement de votre fédération dans les prochaines années?

Evidemment, notre objectif principal est d’obtenir plus de moyens. Lorsque l’on réfléchit à tout ce que l’on a peu organiser avec presque rien, il n’est pas difficile d’imaginer ce qui serait possible de faire avec un peu plus. De proposer à nos licenciés et bénévoles de meilleures conditions de pratique, d’améliorer nos outils de gestions, notre organisation, de faire progresser nos clubs et nos sélections… Nous devons être plus présent sur le territoire national avec un maillage au plus près des adhérents.

A l’échelle internationale et si la covid19 nous laisse un peu tranquille, nous envisageons d’accueillir une Coupe d’Europe en France à nouveau, à moyen et long terme un Eurofutsal, et pourquoi pas une coupe du monde si nous sommes suivis par les instances françaises.

Pour parvenir à nos objectifs, il faut que nous soyons attractifs pour attirer beaucoup plus de clubs, de joueuses, de joueurs, de coaches, de dirigeants. C’est l’essence même de toute fédération sportive. Nous espérons atteindre un nombre de clubs suffisants pour entamer la mise en place d’un cycle vertueux permettant à chacun de trouver sa place, loisir ou compétition, de progresser. De créer une véritable communauté pour être plus fort ensemble et disposer d’outils plus performants, d’une médiatisation plus importante, de minimiser les couts économiques…

« Nos ressources, ce sont nos moyens humains »

Quelles sont vos ressources, humaines notamment ?

Nos ressources humaines se résument malheureusement à une poignée de passionnés bénévoles. Notre statut actuel ne nous permet pas le salariat. L’AFF a toujours compté sur ses forces vives, ses passionnés de la première heure ou non, qui adhèrent à une philosophie du futsal. Nos ressources, ce sont nos moyens humains. Chez nous il est possible de nous contacter et parler des heures et des heures de futsal tellement nos membres des sont passionnés de notre discipline. Il y a toujours quelqu’un pour répondre, pour rappeler, pour écouter. Beaucoup d’heures passées, et toujours avec le plaisir de partager une passion, une histoire, des idées, des projets

L’AFF offre un large panel de possibilités pour que ceux ou celles qui veulent s’investir et prendre en charge leur destin puisse le faire. Comme dans toute association, l’AFF est chronophage mais elle permet depuis des années à des joueurs ou joueuses de vivre de belles aventures, de belles rencontres…

D’un point de vue financier, l’AFF ne vit que sur ses ressources internes liées aux affiliations, licences, engagements, etc… Avec l’aide de quelques sponsors, encore trop rares malheureusement, et l’investissement, parfois personnel, de nos membres.

« Des résultats au-delà de nos espérances »

Quel est le bilan des différentes actions de l’AFF durant ces dernières années ? Comment qualifieriez-vous l’avenir du futsal AMF en France, en lien avec l’existence d’autres fédérations, sans doute concurrentes ?

Structurellement et sportivement, le bilan est plutôt très bon. Il faut partir du postulat que l’AFF c’est actuellement une poignée de passionnés à l’échelle du sport français. Et si l’on avait à comparer nos différentes actions avec d’autres fédérations concurrentes au prorata de nos moyens respectifs, je pense que l’AFF n’a pas à rougir, loin de là.

L’Association Française de Futsal dispose d’un championnat national jeune, masculin et féminin avec play-offs (finales nationales). C’est-à-dire que quelle que soit sa catégorie, chaque club et joueur peut rêver du titre national des plus jeunes (C7 aux seniors). Nous organisons aussi des coupes régionales et nationales.

Au niveau des clubs, nos meilleurs clubs représentent la France lors des coupes européennes et détiennent à l’heure actuelle les titres européens chez les féminines, Futsal Marguerittois, et les masculins, Futsal Vauvert St-Gilles (la pandémie ayant repoussée l’édition 2020).

Pour nos sélections nationales, les résultats sont au-delà de nos espérances. Sur les 5 dernières années, c’est un euro (Russie) et un mondial (Argentine) pour les hommes, un mondial (Catalogne) pour les femmes, et un enfin un mondial (Catalogne) pour les jeunes (C13). Avec des participations qui ont marqué les esprits.

« L’AFF reste à la recherche de compétences et démeure ouvert (…) »

Structurellement, l’AFF s’organise également pour proposer les meilleurs outils possibles à ses cadres, dirigeants, clubs, joueurs. La partie administrative d’une association est souvent très lourde et chronophage, et nous tentons de simplifier et faciliter au mieux cette partie à nos membres. Niveau encadrement, nous cherchons également à bénéficier des meilleures compétences possibles à l’instar de spécialistes tels qu’Alain Dopchie (pour les cadres techniques) ou Florian Forelli (santé) qui travaillent à nos côtés. D’ailleurs sur ce point, l’AFF reste à la recherche de compétences et demeure ouvert à toute proposition.

Si le bilan est plus que bon, l’avenir est un peu plus flou actuellement avec cette crise sanitaire qui a fait beaucoup de ravages au sein de toutes les fédérations, des clubs, des dirigeants et des joueurs. Cela pourrait mettre un coup d’arrêt à la dynamique actuelle. Mais nous comptons sur la motivation de nos membres à vouloir rejouer, reprendre du plaisir sur le terrain pour très vite relancer la machine. Nous espérons également que de nouveaux clubs nous rejoignent pour continuer notre développement et démontrer qu’une autre voie est possible pour la pratique du futsal.

« Juste pouvoir nous développer de notre côté »

Y a-t-il des rapprochements prévus avec d’autres fédérations comme la FFF  ou d’autres fédérations (UNCF…) ?

Il n’y a aucun rapprochement possible avec la FFF. Dès le début nous avons tenté de rencontrer les responsables du futsal FFF pour voir si une entente était possible, et nous avons vite compris que cela n’était pas envisageable et que nous représentions quelque chose d’insignifiant.

Il faut dire que nous partageons la même vision du développement du futsal. Pour nous le futsal est un sport à part entière, qui n’a et ne doit rien à voir avec le football. Il doit être réfléchi, pensé, organisé et géré par des personnes gravitant dans la communauté du futsal (coach, arbitre, dirigeant, joueuse…). Nous respectons le choix de la FFF, nous souhaitons juste pouvoir nous développer de notre côté, avec une autre approche et d’autres moyens.

Pour ce qui est de l’UNCFs varois, pour l’heure, le sujet n’est pas à l’ordre du jour malgré plusieurs tentatives de notre côté. Notre porte reste ouverte, tout comme pour d’autres structures qui envisagerait un travail commun, un échange ou un projet. L’ADN de l’Association Française de Futsal. Réunir les acteurs du futsal pour qu’ils interagissent directement dans le développement de leur sport, le futsal.

« La reconnaissance n’est pas une fin en soi (…) On peut être fiers, très fiers »

Avez-vous un projet de reconnaissance nationale du futsal AMF/AFF auprès du ministère des sports ou du Comité Olympique ? Votre fédération internationale (FEF/AMF) est-elle reconnue?

Toute fédération qui se respecte et qui espère se développer doit disposer d’une reconnaissance officielle quelle qu’elle soit. L’absence de reconnaissance est un frein à notre développement, c’est un fait. Lorsque l’on sait que nombreuses fédérations homologues AMF sont reconnues officiellement par leur ministère des sports, par le comité olympique, ça laisse rêveur.

Malgré tout, cette reconnaissance n’est pas une fin en soi puisque nous continuons notre travail quotidien et de représenter la France du mieux possible. Lorsque l’on se retourne et regarde le travail effectué, les évènements organisés, les compétitions de renoms auxquelles nos sélections nationales et nos clubs ont participé, tout ça sans moyen ni reconnaissance, on peut être fiers, très fiers. Alors avec une reconnaissance officielle, nous pourrions espérer réaliser de belles et grandes choses et investir de façon plus importante à 100% pour le futsal.

Nous nous structurons comme une véritable fédération, nous travaillons chaque jour pour être prêt si une opportunité intervient. Une reconnaissance permettrait surtout de se projeter sur l’avenir à plus long terme, essentiel à l’heure actuelle avec cette crise sanitaire qui touche profondément le monde associatif et amateur.

« Après 1991, une deuxième participation à la coupe du monde 2019 en Argentine »

Pourriez-vous nous parler de l’équipe de France AFF et notamment de sa participation à la dernière coupe du monde en Argentine ? (2019)

Je souhaite préciser que l’on parle là de la sélection nationale de futsal AFF masculine (dénomination que l’on a le droit d’utiliser, le terme « Equipe de France » tant réservé aux fédérations délégataires, ce qui n’est pas notre cas.

Cette sélection, comme toutes nos sélections nationales (féminine, masculine et jeunes) représente la France lors de toutes les compétitions internationales officielles ou amicales sous l’égide de l’Association Mondiale de Futsal (AMF).

Dans ce cadre notre sélection nationale masculine a participé à la coupe du Monde de Futsal 2019 en Argentine. Une deuxième participation après 1991 en Italie pour la France. Une immense fierté et une aventure inoubliable. Sportivement parlant déjà, avec une qualification pour les ¼ de finales et une élimination la tête haute face au futur champion et hôte de la compétition, l’Argentine. Le tout devant des milliers de spectateurs et téléspectateurs. Une épopée marquante.

Culturellement ensuite, dans un pays connaisseur de futsal, de l’histoire de ce sport, passionnel, professionnel… Un gouvernement qui construit des complexes immenses pour la pratique du futsal, qui dispose de terrains dans les coins les plus reculés de son territoire. Un pays champion du monde de futsal AMF… et FIFA.

Humainement enfin, avec des échanges forts avec les différentes délégations, les bénévoles et la population locale. Cette invitation d’un collège francophone près d’Obera ou un millier d’enfant a accueilli toute notre délégation sous une haie d’honneur. Des enfants fiers et heureux de côtoyer des sportifs français, des Français tout simplement. Un honneur pour nous, simples amateurs passionnés de pouvoir offrir autant de joie et de vivre de tels moments. Des souvenirs que peu des sportifs peuvent vivre dans leur vie, même pour des professionnels. C’est ça aussi le futsal AMF…

« Pas question de former nos encadrants par des personnes issues du football »

Quel est le bilan de votre équipe nationale ?

Je voudrais inclure dans cette réponse l’ensemble de nos sélections nationales. Nos féminines, qui elles aussi ont participé à une Coupe du Monde en Catalogne 2017 avec une prestation plus que correcte. Sans moyens et peu d’entrainement nos sélections relèvent les défis les uns après les autres. Tout proche d’un exploit, nos françaises ont rivaliser avec les meilleurs nations présentes dont l’Argentine qui sera finaliste et était composée en partie de joueuses professionnelles. Nos C13 qui ont représenté la France au mondial espagnol de la catégorie. Une fois encore, grâce au travail acharné de nos bénévoles, de jeunes salonistes amateurs ont vécu une semaine inoubliable, comme des pros, apprenant beaucoup sur le plan sportif et humain.

Enfin, notre vitrine, notre sélection masculine, malheureusement en sommeil actuellement avec la crise sanitaire Covid19, qui progresse depuis un certain temps. Il semble d’ailleurs que nous ne sommes pas les seuls à le remarquer et à le penser puisque bon nombre de joueurs internationaux AFF ont depuis rejoint des clubs FFF et même compter plusieurs sélections en Equipe de France de futsal FFF… L’AFF tente de se donner des moyens d’évoluer en allant chercher les compétentes où elles sont, à l’étranger pour le futsal. Pour nous, il n’est pas question de former nos encadrants par des personnes issues du football ou autre sport. Seuls des acteurs expérimentés du futsal peuvent partager leurs compétences, leurs connaissances, leur science du jeu.

Nous espérons que nos différentes sélections seront présentes régulièrement lors de toutes les compétitions internationales afin de permettre au plus grand nombre de progresser et de vivre de grands moments de sport.

Niveau championnat, quelles sont les équipes en vue, tant au plan national qu’international ?

Depuis plusieurs années, il y a eu une hégémonie du club gardois de Vauvert-St-Gilles, qui a trusté beaucoup les derniers titres en jeu. Mais avec l’arrêt de ce club, la donne a changé avec l’arrivée de nouveaux protagonistes comme Echirolles depuis 2 saisons. Mais des clubs habitués des finales comme USR Futsal, ancien champion national et tenant de la coupe Nationale, ou Champs Futsal, restent des clubs de référence. Des équipes comme le Futsal Marguerittois ou Remoulins progressent également. Ces formations tirent vers le haut le niveau du championnat national et c’est tant mieux. Même si depuis plusieurs mois, tout est au point mort. Mais nous espérons tout de même pouvoir proposer une compétition d’ici la fin de saison.

« Ne pas hésiter à franchir le pas (…) chez nous, pas de contraintes »

Qu’auriez-vous à dire à des clubs existants ou en création pour rejoindre l’AFF ?

Qu’il ne faut pas hésiter à franchir le pas. Déjà, comme évoqué plus haut, il est possible de pratiquer le futsal chez nous en parallèle d’une autre structure. Ensuite, jouer en AFF veut dire que 100% des objectifs, du développement et de l’investissement sont pour le futsal, uniquement. Lorsque vous adhérer à notre jeune fédération, vous pouvez être certains que nos dirigeants pensent futsal, vivent futsal. De plus, la parole est largement donnée aux clubs, anciens comme nouveaux. Ils peuvent accéder rapidement et facilement aux instances dirigeantes, peuvent prendre en main leur avenir, participer au développement, à la structuration de projets, d’évènements, etc…

Lorsque je vois toutes ces dernières années le nombre de complainte de clubs, de joueurs qui se sentent délaissés, pas écoutés par leurs instances dirigeantes, qui font face à des responsables issus d’un autre sport, qui dépensent des fortunes pour assouvir leur passion, je me dis que c’est sans doute parce qu’ils ne connaissent pas l’AFF, puisqu’ils restent dans ce giron où les règles leur sont imposées, sans concertation, sans débat. Je ne vois pas d’autre explication…

Enfin, jouer sous l’égide de l’AFF, c’est vivre des moments inoubliables, des aventures extraordinaires (coupes d’Europe de clubs, championnats internationaux…), partager une passion. Certes nos moyens ne sont pas ceux de la FFF, nous restons à notre échelle d’amateurs, au sens noble du terme. Mais cela ne nous empêche pas de rester dynamique, avant-gardiste, proposant beaucoup de projet qui sont d’ailleurs repris petit à petit par nos homologues FIFA.

Chez nous, pas de contraintes de taille de gymnase, places en tribunes, horaires de match, facilité d’encadrement et d’arbitrage, pas de frais d’inscription à un magazine de foot, d’obligation d’équipe réserve, etc…Le futsal au plus simple.

« Plusieurs possibilités existent pour rejoindre l’AFF »

Quelles sont les obligations, réglementaires entre autres, pour qu’un club rejoigne l’AFF ? Quid d’un club qui n’a pas d’équipe autour d’elle (adversaire potentiel) ou de championnat dans sa région ? Peut-elle tout de même adhérer à l’AFF ?

Pour nous rejoindre c’est très simple. Un club doit s’affilier à notre fédération en premier lieu pour faire acte d’adhésion à notre communauté. Ensuite, il peut engager une équipe dans la catégorie de son choix (jeune, masculine, féminine) en fonction de sa zone géographique. N’étant pas encore présent malheureusement sur l’ensemble du territoire, il faut avouer que ce n’est pas facile pour les clubs éloignés de nos ligues actuelles. Cependant, rien de rédhibitoire. Plusieurs possibilités existent, avec la création d’une ligue locale avec l’aide du club, une intégration dans une compétition plus éloignée mais avec un format adapté afin de réduire les couts de déplacements notamment, etc… Comme je l’ai déjà évoqué, l’AFF sait s’adapter aux contraintes et fait son maximum pour proposer une solution la plus équitable possible, tant sportive qu’économique et logistique. LE tout, en concertation perpétuelle avec les clubs.

Un club est libre de s’affilier où il veut

Accepteriez-vous qu’un club engagé en championnat FFF puisse venir s’engager en Coupe AFF par exemple?

Bien sûr. Comme je l’ai déjà évoqué, nous acceptons tout le monde. Il n’y a que les moqueries puériles type « poisson d’avril » de clubs phares tricolores que nous n’acceptons pas (rires). Du moment qu’un club est affilié chez nous, il est libre de s’engager dans les compétitions qu’il souhaite, à son rythme, à son niveau. L’affiliation est marque d’engagement auprès de notre fédération. Peu importe qu’il vienne de FFF, du bowling ou de mars. Du moment que le club respecte le contrat tacite lié à son affiliation, il n’y a aucun problème. Bien au contraire « Le progrès nait de la diversité des cultures et de l’affirmation des personnalités».

« 2000 à 3000 euros pour une saison en national, 1500 euros en régional »

Quel est en moyenne le montant d’une saison en AFF ? Quels sont les ordres de grandeur des principaux postes budgétaires auquel un club doit faire face (cotisations, engagement, cout des cartons, prix de la licence) ?

Il faut compter 250€ à 300€ pour l’affiliation, de 50 à 250€ l’engament en compétition en fonction de sa catégorie et du niveau (local à national), de 10 à 35€ pour une licence, de 5 à 50€ pour les cartons, etc… Toutes ces informations sont disponibles sur notre site www.affs.fr ou sur demande à contact@aff.fr.

Pour simplifier et donner un ordre d’idée, il faut compter 2000 à 3000 € pour une saison en national si l’on compte les frais de déplacements et les frais d’arbitrage. Et moins de 1500€ pour un club en régional. Cela représente des montants tout à fait abordables pour pratiquer le futsal.

« Notre fédération n’a pas pour objectif de s’enrichir »

Quels sont les avantages concrets qu’aurait un club à vous rejoindre ?

On peut évoquer le côté financier, là où le bât blesse et où le football devient fou… En AFF, les coûts sont calculés au plus juste, en prenant en compte un maximum de facteurs, de contraintes et de requêtes, le tout pour un cout plus que correct. Notre fédération n’a pas pour objectif de s’enrichir et préfère que nos clubs disposent de moyens plus importants pour se structurer, s’organiser, s’améliorer sur et en dehors du terrain.

Ce qui est frappant également, quand on échange régulièrement avec des clubs participants aux différents championnats proposés par la FFF, on nous dit que les dirigeants et joueurs ne reconnaissent plus les valeurs du futsal. Ceux qui ont connu les débuts du futsal en France quittent souvent leur fonction, passent la main et ne pratiquent plus. Chez nous, ces valeurs sont toujours présentes et nous prêtons une grande attention au respect de celles-ci.

« On nous dit que les dirigeants et joueurs ne reconnaissent plus les valeurs du futsal »

Qu’auriez-vous à dire à des clubs existants ou en création pour rejoindre l’AFF ?

N’ayez pas peur de franchir le pas quoi que vous puissiez entendre ou les pressions que vous puissiez subir. Vous êtes libres de vos choix et libres de pouvoir choisir et décider de votre avenir et celui de votre sport, votre passion. En AFF, nous pratiquons la différence, pas l’indifférence…

« Nous pratiquons la différence, pas l’indifférence »

Souhaiteriez-vous vous exprimer sur un point particulier ?

Je voudrais préciser que le débat n’est pas d’opposer la FFF et l’AFF. Nous estimons pratiquer un autre sport. L’histoire prouve à maintes reprises que le futsal est un sport à part entière, pratiqué par la communauté du futsal originel FIFUSA/AMF bien avant que la FIFA tente de prendre la main dessus. Nous souhaitons seulement pouvoir continuer de proposer une alternative différente et légitime aux clubs et joueurs qui le souhaitent. L’AFF souhaite enfin remercier Madeinfutsal pour sa démarche, qui nous permet de faire connaître notre cause, notre travail, notre histoire. A tous ceux et celles qui veulent nous rejoindre ou nous contacter, notre porte reste ouverte.

La plus belle chose? : l’arrivée de nouveaux clubs convaincus par notre projet »

Quel est la meilleure chose qui pourrait arriver dans les prochaines années à l’AFF ?

La meilleure chose ? Que l’on ne connaisse pas à nouveau une telle période de crise sanitaire déjà. Car quoi de pire que de ne plus pouvoir pratiquer sa passion, s’offrir des moments de plaisirs et d’échanges avec ses amis…

Sinon plus concrètement, que l’AFF connaisse enfin le développement qu’elle mérite, ou que plutôt que ses membres méritent. Et la plus belle chose serait par l’arrivée de nouveaux clubs convaincus par notre projet. La reconnaissance par les pairs, voilà ce qui pourrait arriver de mieux à l’AFF pour ses prochaines années.


L’avis de MadeinFutsal: Ah le futsal français! Quel objet d’étude intéressant! Le long entretien réalisé avec le nouveau président de l’AFF –que nous remerçions – révèle, de part les positions de cette fédération, les choix que devrons faire (ou pas) toute association qui souhaitera pratiquer ce que l’on nomme communément le « futsal ». L’entretien révèle notamment, en comparaison avec le futsal « estampillé FFF », qu’il existe bel et bien 2 visions diamétralement opposées d’un « futsal » qui, en réalité, n’existe pas via une définition unique. Ce que chacun nomme « futsal » est en réalité deux disciplines bien distinctes, tant au niveau des règles du jeu (touche au pied/touche à la main), qu’au niveau de la philosophie en termes de stratégie de développement. Si le futsal AFF se réclame des « valeurs originelles » prônées par Ceriani, telle une « fédération 100% futsal », le futsal FFF se veut comme la version en salle d’une « pratique diversifiée du football ». La diversité des pratiques, les différentes visions ne sont à notre sens que richesse. Pourvu que chacun ait le choix, au pays des Lumières, en toute connaissance de cause. Un « futsal » synonyme de gestion par le football pour les uns. Un futsal pas synonyme de football pour les autres. Ah le futsal! Quel objet d’étude intéressant … et passionnant!



Pour en savoir plus: https://affs.fr/

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