Rondon-Fernandez, une histoire franco-espagnole

David Rondon-Fernandez est de retour en France. Passé par le KB ou le Sporting notamment, celui qui évoluait en D2 espagnole la saison passée a décidé de revenir sur les parquets français, en Régionale 1 Auvergne-Rhône-Alpes, du côté de la région lyonnaise. L’occasion de (re)présenter ce joueur atypique et pétri de qualité, qui a joué près de 8 ans dans notre pays. Une gageure lorsque l’on sait qu’il s’agit d’un des plus beaux palmarès du futsal français. Un honneur pour MadeinFutsal pour lequel le joueur a accepté de s’exprimer.

Bonjour David. Vous venez d’annoncer votre retour en France, après un passage au FS Talavera en D2 Espagnole. Quel est votre sentiment ?

Mon premier sentiment est que ce n’est que du plaisir de revenir en France. Cela fait maintenant 8 ans que j’ai commencé à jouer en France et cela me manquait un petit peu. J’ai décidé de revenir en France pour de nouveaux défis !

4 championnats, 4 coupes, 8 ans en France

Pourriez-vous vous présenter à ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Je suis David Rondon Fernandez, d’origine espagnole et j’ai 31 ans. J’ai joué 8 ans en France : à Nantes Métropole, Sporting Paris, KB United et Accs Futsal (ex-Acces). J’ai été champion de France 4 fois : 1 fois avec le Sporting Paris, 3 fois avec le KB. Et aussi 4 Coupes Nationales : 1 avec le Sporting et 3 avec le KB. J’ai aussi remporté une Coupe d’Europe Universitaire avec l’Université de la Sorbonne (Paris) en 2014. Je joue ailier-défenseur et j’ai marqué plus de 24 buts par saison.

Avec son nouveau club du GOAL FC (source: Goal FC)

Continuer à gagner des titres

Vous avez quasiment tout gagné en France et vous êtes passé par les meilleurs clubs. Pourquoi avoir choisi de revenir ?

J’ai décidé de revenir en France car Goal Futsal m’a convaincu et on a parlé du projet qu’ils avaient de faire grandit le futsal français au niveau de la formation (enfants) comme au niveau national. C’est un nouveau défi pour moi. C’est vrai que c’est la première fois que j’évoluerai à ce niveau (ndlr : la Régionale 1 Auvergne-Rhône-Alpes), mais je suis capable de m’adapter. Au niveau personnel, mon défi c’est de continuer à gagner des titres pour garnir mon palmarès, étant le joueur étranger avec le plus de titres dans le futsal français. C’est un nouveau défi pour moi.

Champion avec le KB (photo joueur)

Comment jugez-vous l’évolution du futsal français ces dernières saisons ?

Il a évolué. Tu y vois des joueurs étrangers de haut-niveau. Des clubs plus structurés, avec des académies et des éducateurs de plus en plus diplomé.

Le futsal français évolue trop doucement

Quels sont les points particuliers qui posent problème selon vous, et quelles sont vos solutions pour que le futsal français soit meilleur ?

Je vais être à la fois critique et constructif. Je pense qu’il faut être plus honnête, par rapport aux joueurs. Les clubs doivent être plus honnêtes et promettre des choses que les clubs ne vont pas faire, à niveau des salaires, au niveau de la vie en France. Il faut faire les choses bien. Ce sont des choses qui manquent encore en France. Certains clubs promettent des choses qu’à la fin ils ne font pas.

Au niveau de la structuration, il faut continuer de se former : les entraineurs, les dirigeants, les présidents. Je pense qui si tout le monde fait les choses bien, le futsal français grandira plus vite. Mais le futsal français évolue trop doucement : il faudra aussi que chaque club œuvre pour le futsal, et pas simplement pour lui.

Le KB, des supporters comme nulle part ailleurs

Quelle est la meilleure image que vous gardez de vos passages en France ? Quel est votre meilleur souvenir ?

J’ai beaucoup d’images. Je me souviens de toutes les finales que j’ai joué. Les finales de championnats, celle de la coupe d’Europe universitaire. Chaque fois que tu joues en finale, chaque fois ce sont des images que tu ne vas jamais oublier. Un de mes meilleurs souvenirs c’est quand, depuis le terrain, tu vois du monde en tribune en train de te soutenir, comme avec le KB United, avec des supporters comme nulle part ailleurs en France. C’est pour moi la meilleure tribune, les meilleurs supporters de France.

Avec le FS Talavera (source: Talavera lnfs)

La concentration est essentielle sur le terrain

Quel type de joueur êtes-vous ? Sur le terrain et en dehors ?

Je pense que je suis un joueur très compétitif, très exigeant envers moi-même, mes coéquipiers et mes clubs. J’essaie d’apporter le maximum comme joueur sur le terrain et en dehors pour le club. Je suis un gagnant. J’essaie toujours de gagner. Beaucoup me disent que je suis toujours très sérieux sur le terrain et tout le contraire en-dehors, toujours à rire. Mais je pense que la concentration est essentielle sur le terrain.

Vous allez rejoindre un club de R1 qui vise la montée en D2. Connaissez-vous le niveau de la R1 dans la région Auvergne-Rhône-Alpes ?

Je ne connais pas le niveau de la R1 mais bon, dans la vie, il faudra s’adapter. J’ai commencé à regarder des videos, le niveau de ma future équipe. Je pose beaucoup de questions. Je pense que cela ne sera pas un problème pour moi.

Aider GOAL a monter en D2

Quelles sont vos ambitions pour la suite de votre carrière ? Avez-vous un rêve que vous n’avez pas encore réalisé ?

Malgré mon beau palmarès, l’objectif est de faire grandir mon équipe et de tout faire pour que le GOAL FC puisse monter en D2.

Faire grandir le futsal, pas à n’importe quel prix

Avez-vous un message particulier à délivrer à un ancien coéquipier, un club où vous avez joué ?

Mon message est qu’il faut faire grandir le futsal, mais pas à n’importe quel prix. Il faut bien faire les choses. Il y a des clubs qui ne travaillent pas correctement pour faire grandir le futsal. Il faut mettre tout le monde ensemble pour que le futsal évolue.

Quel est votre club de futsal préféré en Europe ?

Je n’ai pas d’équipe préférée mais il vrai que je suis beaucoup l’équipe de Valdepenas qui va jouer la Coupe d’Europe cette saison, et c’est merité.

Le futsal, c’est du futsal

Quel est votre joueur de futsal préféré en Europe ?

Je n’ai pas non plus de joueurs préférés. Mais j’aime bien les joueurs avec une bonne mentalité et qui travaillent pour leur équipe.

Qui sera le prochain champion de France de Futsal en D1 ?

Je pense qu’il y a 2 clubs de haut-niveau : ACCS et Lille Métropole. Il y a plusieurs groupes de niveaux. Je ne vais pas dire une équipe en particulière pour le titre de champion,déjà qu’en France il y a une mode de gagner sur tapis vert. Il faut améliorer la structuration.

Le futsal, c’est du football ou du futsal ?

Pour moi, le futsal c’est du futsal. Le foot à 11, c’est le foot à 11. Mais après c’est possible que chaque sport améliore l’autre, même si chaque sport a des styles différents.

L’avis de MadeinFutsal: le retour de David Rondon Fernández en France, qui plus est en D3, aura pu, à coup sûr, étonner plus d’un observateur, lui qui est aujourd’hui, nous le disions, l’un des plus beaux palmarès du jeune futsal français. C’est sans doute sans connaître le compétiteur qu’est David, qui ira aussi dans un club qui ne cache pas ses ambitions et qui tentera enfin d’atteindre la D2. C’est en tout cas le défi que s’est donné le plus français des espagnols. Nous ne connaissons pas l’avenir sportif du club et du joueur, mais chose est sûre: David Rondon foulera les parquets de la région Rhône-Alpes avec une étiquette qu’il aura forgé avec la force de la passion du jeu: celle d’un joueur respecté, venu en France pour apporter sa « pierre à l’édifice ». Une pierre, comme beaucoup d’autres, transportée humblement de par-delà les Pyrénées, pour participer aussi à la construction du futsal français.

A défaut d’avoir sa statue Boulevard de Grenelle ou devant le gymnase Ducasse, nous voulions rendre modestement hommage à ce monument du futsal français, mais aussi à l’homme avant tout.

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